Culture générale

Culture générale

Kundiger böge die Zweige der Weiden,
wer die Wurzeln der Weiden erfuhr.

Avec plus d’art il courberait les branches des saules,
Celui qui, des saules, eût appris les racines.

Rainer Maria RILKE
Sonnets à Orphée, I, 6

Ce cours prépare aux épreuves de dissertation et de résumé et synthèse de textes (aller_directement). Il est le plus souvent assuré par deux professeurs, l’un de Lettres, l’autre de Philosophie, se partageant l’horaire de 6 heures.

A Notre Dame de Sion, j’assure seul l’ensemble du cours, et peux donc organiser la répartition du travail sans contrainte particulière et surtout sans regarder dans le jardin du voisin.

PREMIERE ANNEE

Il est bon de rappeler les textes officiels qui définissent parfaitement les objectifs

(BOEN hors-série vol.1 du 20 juillet 1995)

 

1. OBJECTIFS DE FORMATION

Commun aux classes préparatoires économiques et commerciales options scientifique, économique et technologique, cet enseignement, qui concerne à part égale les lettres et la philosophie, est partie constituante de la formation générale des étudiants.

Sa finalité est de former l’esprit à une réflexion autonome et éclairée, par la lecture ample et directe des grands textes et par la pratique de la dissertation, qui apprend à s’interroger, à conduire une pensée cohérente et à exploiter d’une manière pertinente ses lectures.

L’exercice de la lecture et du résumé de texte(s) permet également d’aller à l’essentiel.

 

Cet enseignement a trois objectifs majeurs :

1. Il vise à développer chez les étudiants la maîtrise de l’expression écrite et orale ainsi que l’aptitude à communiquer, compétences indispensables pour leur future vie professionnelle.

2. Il les entraîne à approfondir leur réflexion personnelle et leur sens critique.

3. Il leur permet d’enrichir leur culture et de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.

 

2. PROGRAMME

Aucune liste d’œuvres et d’auteurs n’est proposée, ni pour la première année, ni pour la seconde. Chaque professeur, responsable de ses choix, détermine librement, selon ses compétences et ses goûts, les œuvres philosophiques, littéraires ou autres, qu’il juge nécessaires à son enseignement.

Le programme permet d’élargir et d’approfondir la culture acquise au cours des études secondaires, et de consolider les bases nécessaires à une réflexion personnelle.

Les rubriques proposées ne doivent pas être comprises comme des thèmes de connaissance empirique ou historique, mais comme des moments significatifs dans l’histoire de notre pensée.

On évitera toute étude qui séparerait les notions ou les concepts de leur passé et des corrélations et résonances à travers lesquelles, à telle époque, se précisent leur usage et leur sens. On s’efforcera de mettre en relation l’étude des œuvres littéraires ou philosophiques avec les représentations mythologiques, religieuses, esthétiques et avec l’histoire des sciences, des arts et des techniques. On s’attachera toujours ainsi à mettre en lumière la portée universelle de ces œuvres.

Ce programme est constitué des rubriques suivantes :

  • l’héritage de la pensée grecque et latine ;
  • les apports du judaïsme, du christianisme et de l’islam à la pensée occidentale ;
  • les étapes de la constitution des sciences exactes et des sciences de l’homme ;
  • l’essor technologique, l’idée de progrès ;
  • la société, le droit et l’Etat modernes ;
  • les figures du moi et la question du sujet depuis la Renaissance ;
  • l’esprit des Lumières et leur destin ;
  • quelques grands courants artistiques et esthétiques depuis la Renaissance ;
  • les principaux courants idéologiques contemporains.

Les rubriques seront abordées selon un parcours que le professeur déterminera librement en fonction de regroupements et de problématiques dont il a l’initiative et la responsabilité.

 

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Voici un exemple de cheminement sur les trois premiers mois de cours à peu près. Vous allez voir que l’on ne traite pas un thème sans renvoyer à tous les autres.

Point de départ : L’héritage de la pensée grecque et latine

Ce que vous allez lire ne tient pas compte des compléments occasionnels, des parenthèses, des digressions même car il s’agit de toujours rattacher ce que l’on dit aux questions que l’on se pose aujourd’hui.

Le cours est un cours magistral (ce qui n’exclut bien sûr pas le dialogue), avec des supports différents.

Homère et Hésiode éducateurs de la Grèce : le cours s’est organisé autour d’extraits de textes, par exemple « Le bouclier d’Achille » dans l’Iliade d’Homère ou « la naissance des dieux » dans la Théogonie d’Hésiode, avec les critiques de Xénophane de Collophon et celles de Platon dans La République. Temps cyclique et société traditionnelle (en prévision du cours sur l’idée de progrès et sur le temps historique).

Théogonies, cosmogonies, mythes : pas de cours encyclopédique, cela serait fastidieux, mais une réflexion sur le mythe comme mode de connaissance (à raccorder au cours sur les étapes de la constitution des sciences exactes), de bonnes références bibliographiques (outils à avoir à portée de main), et des éclaircissements et des développements en cas de besoin. En fait, les connaissances en matière de mythologie s’étoffent tout au long de l’année (dans le cours sur l’idée de progrès par exemple, ou encore sur le Baroque).

Un présocratique : Héraclite (fragments).

Socrate et Platon, le dialogue dialectique : ce cours peut s’organiser par exemple autour de la lecture intégrale du Ménon de Platon (lecture d’été obligatoire) faite en vue de la deuxième série de colles avec comme objectif comprendre comment on aborde un texte dense et difficile. Il va de soi que d’autres textes sont sollicités, plus particulièrement des textes du Gorgias, du Timée, et de La République.

La question du bonheur : à partir de la lecture d’été de La Vie Heureuse de Sénèque en texte intégral. Ce texte peut servir de support à la première série de colles pour se familiariser avec l’interrogation orale. Un peu plus tard dans l’année, la connaissance de ce texte facilitera l’accès à la lecture de Montaigne (cours sur les figures du moi et la question du sujet).

Aristote : Rhétorique et Poétique (extraits dont l’étude éclairera plus tard un travail sur la rhétorique et le théâtre classiques (XVIIe s.) dans le cours sur l’idée de société moderne.

La Polis : théâtre et fêtes religieuses (les Dionysies). Ici, le cours s’organise autour d’un diaporama, avec pour support-papier textes et schémas.

L’idée de mimesis (imitation) : on a ici un bon exemple de transversalité, dans la mesure où ce cours avec support audiovisuel a permis non seulement de s’initier à la statuaire grecque (en mettant face à face Platon et Aristote), mais aussi de s’intéresser, autour de la notion de représentation, à Picasso (et à son temps) avec pour support Le Mystère Picasso de Clouzot. Un travail de réflexion a également été conduit autour de l’hyperréalisme américain (support audiovisuel).

A noter : toutes les images utilisées peuvent être récupérées par les élèves munis de leur clé USB, soit immédiatement après le cours, soit en libre-service sur un ordinateur dédié.

Évidemment, des cours de méthodologie montrent comment toutes ces connaissances permettent et nourrissent la réflexion personnelle demandée par la dissertation.

DEUXIEME ANNEE

 

Etude d’un thème, renouvelé chaque année par arrêté conjoint du ministre chargé de l’éducation et du ministre chargé de l’enseignement supérieur.

Thème concours 2017 : LA PAROLE

Thème concours 2016 : LA NATURE

Thèmes antérieurs de 2015 à 1997 : la Vérité, l’Espace, le Plaisir, la Société, l’Imagination, la Vie, La Beauté, la Science, la Justice, la Passion, la Croyance, l’Echange, la Représentation, le Mal, Autrui, la Sensibilité, le Bonheur, le Corps.

Une intéressante mise au point sur la matière ici.

RESUME DE TEXTES et SYNTHESE

 

Il s’agit de rendre compte sans la moindre appréciation personnelle du contenu d’un texte dont on respectera l’ordre et dont on mettra en évidence l’organisation sans le plagier mais en inventant son expression.

Deux épreuves différentes nous sont proposées :

 

Le résumé ECRICOME

Il s’agit en deux heures de résumer en 250 mots (tolérance de plus ou moins 10 %) un texte de 2000 mots et de lui donner un titre.

 

Le résumé HEC

Il s’agit en trois heures de résumer en 400 mots (tolérance de plus ou moins 5 %) un texte de 4000 mots maximum.

 

Au résumé vient s’ajouter une autre épreuve choisie par quelques écoles :

La synthèse de textes ESCP

C’est une épreuve de quatre heures au cours de laquelle il faut confronter en 300 mots (plus ou moins 10%) 3 textes de plus ou moins 1500 mots chacun. Après avoir dégagé la question globale du dossier, il s’agit de montrer l’originalité de chaque document à travers des points de confrontation qu’une lecture attentive aura permis de dégager et d’organiser.

 

Dans tous les cas, la qualité et la correction de l’expression sont largement prises en compte dans l’évaluation. Les fautes d’orthographe et de grammaire sont lourdement pénalisées (3 fautes : moins un, cinq fautes : moins deux, puis un point par faute pour le résumé Ecricome par exemple). Il est donc recommandé à quiconque envisagerait une classe préparatoire de songer à régler au plus vite d’éventuels problèmes de cette nature.

 

Ces épreuves étant avant tout techniques, c’est la pratique qui prime. Voilà pourquoi nous nous entraînons dans des conditions de concours de 12 à 15 fois dans l’année.

 

Christian FRUGOLI

Professeur de Culture Générale et Directeur des Etudes

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